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Ma joue droite et mes cages intérieures

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A qui te donne une gifle sur ta joue droite, tends-lui encore l’autre.

A qui veut te mener devant le juge pour prendre ta tunique, laisse aussi ton manteau.

Si quelqu’un te force à faire mille pas, fais-en deux mille avec lui.

A qui te demande, donne, à qui veut t’emprunter ne tourne pas le dos.

Je te voyais parler et ne comprenais pas. Comment pouvais-tu tenir de tels propos, dans une terre ravagée par l’injustice et la folie des romains? Ne sont-ils pas des païens fils de païens et l’insulte qu’ils lancent à Adonaï et à notre peuple ne déchire-t-elle pas les cieux?
En te regardant parler la colère m’envahit. Non, je ne tournerai pas mon autre joue à celui qui frappe ma joue droite! Non, je ne donnerai pas mon manteau, non, je ne ferai pas un seul pas en plus!

Je m’apprêtais à me lever pour quitter la foule quand ton regard croisa le mien et dans mes oreilles tombèrent tes paroles. Vous avez appris qu’il a été dit : tu aimeras ton prochain et tu hairas ton ennemi. Et moi, je vous dis : aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux.

Que se passa-il en moi en cet instant? Etait-ce le trop plein de colère qui me monta à la tête comme de l’alcool qui étourdit et ennivre? Etait-ce ton regard qui pénétrait mes pensées les plus intimes et y répandait un parfum nouveau? Etait-ce le son de ta voix qui touchait soudain comme un baume mes blessures les plus anciennes et y apportait un calme inattendu?
Toujours est-il que sur ces derniers mots prononcés par ta bouche, mon monde se renversa de fond en comble et de ma cage intérieure les portes s’ouvrirent et des milliers d’oiseaux s’échappèrent en gazouillant.

Je ne me souviens plus de ce qui se passa ensuite. Mais quelques jours après j’embrassais mes parents dans les larmes pour leur dire que je partais. Je pris une seule tunique et donnais mon manteau à ma soeur qui est proche des pauvres, et ce que j’avais accumulé de parchemins, à mon grand frère érudit. J’allais sur les chemins faire mille, deux mille, un million de pas avec celui qui avait ses ennemis pour amis et qui n’avait pas de prison intérieure pour y enfermer les méchants.

Ma joue droite sera certes, exposée à des gifles et à des accusations de toutes sortes. Je n’aurai rien à justifier.

On me dépouillera de ce qui me revêt et de mes titres de gloire. Tu seras ma tunique de lumière et mon seul apparat.

On me demandera de tout donner et je tenterai de donner tout car en toi j’ai tout reçu.

Je ne tournerai plus le dos à qui me le demande, Seigneur, car tes bras ont accueilli mes larmes et mes gémissement et les ont transformés en un doux chant de louange.

“Adonaï, ma part d’héritage et ma coupe
Tu m’apprendras le chemin de vie,
Devant ta face, plénitude de joie,
En ta droite, délices éternelles” Ps 16

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Laïque consacrée de la Communauté des Béatitudes. Formation philosophique et théologique à l'Université Saint Esprit de Kaslik, à L'Université Saint Joseph de Beyrouth et à l'Institut des Etudes Théologiques de Bruxelles. Enseigne à l'ISSR et anime des formations, des journées et des retraites spirituelles.

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