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Je ne savais pas que tu avais levé les yeux sur moi…

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Je ne savais pas que tu avais levé les yeux sur moi, ce jour-là, quand tu étais assis avec tes disciples dans un coin du temple…
J’y ai été poussée par l’Esprit, moi qui étais en attente de la consolation d’Israël. Et pourtant aucun signe n’annonçait de consolation, sauf une autre veuve comme moi, il y a une trentaine d’année, qui parlait d’un petit enfant de pauvres à tous ceux qui accueillaient le rachat de Jérusalem. J’étais jeune en ce temps là. Et belle. Je cherchais la consolation dans les jeux de l’amour et je suis tombée très bas.

…Jusqu’à ce que je t’aie vu, jusqu’à ce que j’aie entendu ta voix à Nazareth, ce jour-là, où tu avais lu le prophète Isaïe à la Synagogue, en annonçant « Aujourd’hui, cette Ecriture s’accomplit à vos oreilles » ! Etait-ce possible ? Je t’ai alors suivi de bourg en bourg, de maison en maison, de synagogue en synagogue…avec tout le peuple j’étais là, suspendue à tes lèvres. Je me suis laissée visiter par le Royaume qui était au milieu de nous et me suis brisée devant toi, un jour, lavant tes pieds de mes larmes et les couvrant de baisers. Le parfum de ta miséricorde qui a empli mon cœur couvrait de confusion ceux qui t’ont invité sans t’accueillir, ceux qui te cherchaient pour te faire périr.

Et j’ai fait route avec toi… Je suis devenue ta mère et tes frères, je suis devenue tes disciples et l’enfant que tu as appelé auprès de toi. Tu m’as guérie de sept démons païens qui torturaient mon âme et arrêté l’écoulement de sang de douze tribus juives qui s’entre-tuaient en moi. Tu m’as délivrée d’un esprit de faiblesse qui me tenait liée pendant 18 ans et me redressas pour louer Dieu. Tu m’as tenue par la main et m’a appelée à la vie, et je fus ta servante et ta petite brebis perdue. Je me suis agitée et inquiétée pour tant de choses et il arriva qu’un jour je compris : et à tes pieds je m’assis.

Et j’ai voulu te suivre à Jérusalem où il fallait que tu ailles. Tu parlais de division, de feu et de baptême et je commençais à m’inquiéter de nouveau. Pourquoi parler de mort alors que tu donnais sans-cesse la vie ? Je t’avoue que je n’avais alors rien saisi. Je t’ai acclamé roi à l’entrée de Jérusalem, j’ai crié fièrement avec les disciples… mais dans le temple, pauvrement, je m’étais cachée pour pas qu’on voit mon indigence…car j’avais honte de donner si peu…

Je ne savais pas que tu avais levé les yeux sur moi, ce jour-là, quand tu étais assis dans un coin avec les disciples…

Puis il y eut le vin de la pâque, la sueur des oliviers, le glaive de la trahison…et le sang de la croix. Et moi, tout en pleur, de loin, je portais dans un linge apporté par ta mère de la myrrhe empruntée à Mathieu, parce que je n’avais pas fini de te dire mon amour. Était-ce possible ? Je n’en croyais pas mes yeux… peut-on réduire la Parole-Evénement au silence sans que le cœur du monde ne se déchire par le milieu ? Et tu as déchiré les cieux, et tu es descendu, jusque dans la mort, jusque dans la tombe, toute neuve… comme pour un roi…

A l’aube profonde je suis venue te retrouver. A l’aube profonde tu m’attendais dans l’absence, plus présent que jamais. A l’aube profonde tu m’ouvris l’intelligence et le cœur et mon esprit en moi exultait en Dieu mon sauveur !

Et j’ai levé les yeux vers toi, j’étais là, dans un coin là-haut sur la colline où tu fus emporté vers les Cieux… Oh ! Les disciples jubilaient de joie, et avec eux Zacharie dans le temple et Elizabeth son épouse, et avec eux Marie et Joseph le juste et Simon et Anne car déjà la gloire du peuple élu brille sur les nations….…et avec eux jubilait Jean, le précurseur, car les jours sont pleins pour le feu et l’Esprit, et qu’enfin Adam ton père allait voir ton Visage et se réveiller à la Vie.

Oui. Aujourd’hui, nous sommes tous avec toi. Au Paradis.

Une femme de l’évangile selonSt Luc

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