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Le barbare : Transpercé à cause de nos crimes…

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Comme un lion dans sa cage, à jeun depuis des jours, il tourne en rond ! Ces derniers jours, il est devenu encore plus féroce… si possible ! Il insulte le geôlier, qui, habitué à ses propos, ne le regarde même pas.

Barbare : « C’est aujourd’hui ? » il vocifère presque.

Le geôlier a développé un système de mutisme et d’isolement rare. Il ne l’entend plus pour de vrai ! Le barbare tend sa main d’entres les barreaux pour essayer de le prendre au cou. L’autre, dès le premier jour, avait dessiné une ligne de démarcation devant laquelle il ne se déplace jamais. Comme il n’arrive pas à le rejoindre, il hurle ! Deux hommes arrivent.

Homme 1 : (au geôlier) Ouvre la porte !

Le geôlier s’exécute machinalement.

Barbare : Je te tuerai avant. Je vous tuerai tous.

Les deux colosses le maîtrisent. L’un d’eux lui tord le cou tandis que l’autre lui passe une corde tout au long du corps. Neutralisé dans son corps, sa voix devient encore plus rauque. Presque inhumaine.

Barbare : Je te tuerai avant. Je vous tuerai tous.

Homme 2 : Tu en as déjà assez tué. Aujourd’hui c’est ton tour.

Barbare : Noooooon !

Son cri pourrait apitoyer peut-être les colosses, s’ils ne connaissaient pas son histoire. Tueur, violeur, voleur, il encaisse crime sur crime avec une fierté dégoutante. Même que, on leur avait rapporté que ses crimes relevaient plutôt de l’ordre du supplice. Il mérite la mort… Entraîné violemment dans les longs couloirs, il commence à voir la lumière du jour. Comme une chauve-souris, il en souffre. C’est pour lui le signe que son heure approche. On l’emmène sur une estrade. Un genre d’amphithéâtre improvisé. Là il voit le romain. Il s’appelle comment déjà ? Il ne sait plus. Tout ce qu’il sait c’est que c’est lui qui a décidé de son sort. Il le hait ! Une foule scande des mots qu’il n’arrive pas à capter.

 « A mort, A mort ! » hurlent-ils !

Il crie !

Barbare : Vous à mort ! Vous bande de…

Une gifle l’arrête. C’est le romain qui, de son autre main, immobilise la foule !

Romain : Qui voulez-vous que je vous lâche ? Le nazaréen ou Barabbas ?

Foule : Barabbas ! Barabbas !

Le barbare ne croit pas ses oreilles. Ce sont ces mêmes gens qui l’ont jeté en prison, qui ont demandé sa crucifixion. Là, c’est Caïphe, à qui il a subtilisé des biens inestimables. Et ça c’est, comment il s’appelle, son beau-père. Je lui ai tué son serviteur, et les autres !!!!

Foule : A mort ! A mort !

Barbare : Qui ? Qui veulent-ils ?

Romain : Lui !

Le barbare regarde dans la direction du doigt du romain. Il voit un homme défiguré, mi à genoux, le corps en lambeaux. Lui, qui en a fait et vu tellement, même lui, est dégouté. Il s’adresse au romain.

Barbare : Qu’a-t-il fait lui ?

Romain : (après silence) Rien !

De plus en plus ahuri, ne comprenant rien, il traine ses chaînes vers le défiguré. Le bruit de la foule l’hypnotise, ou était-ce le regard de cet homme bizarre ?

Barbare : Aujourd’hui je devais être exécuté, crucifié. Mais c’est toi qui le sera à ma place. Pourquoi ?

Le défiguré ne répond pas. Il continue à le regarder. Le barbare sent de plus en plus un malaise. Lui qui n’a jamais eu de pitié, il sent comme un sentiment d’injustice. C’est de la folie. D’habitude il aime l’injustice, là, c’est aberrant. Qu’est ce qui se passe ? Serait-il devenu fou ! La foule continue à crier, le romain est parti laissant des gouttes d’eau à sa place. On enlève les cordes et les chaînes du barbare, on emmène violemment le défiguré. Peu à peu, la foule se disperse, suivant le cortège de crucifixion.

Le barbare reste sur l’estrade, cloué ! Il n’arrive pas à quitter. D’un côté, les gouttes d’eau du romain ; de l’autre, les gouttes de sang du défiguré ! Ce sang, il l’a versé à sa place. Au fond de lui, il sait bien que lui, il méritait la crucifixion selon la loi. Mais apparemment, ce n’est pas la loi qu’il connaissait qui a décidé ! Par quel miracle, le jour même de son exécution, il est libéré ? Il n’arrive pas à comprendre. Il est barbare, pécheur, criminel, mis en liberté par une nouvelle loi qu’il n’arrivait pas à piger mais qui a payé ses dettes au lieu de les lui faire payer…

Un homme innocent, le jour même de sa crucifixion à lui, avait pris sur Lui tout ses crimes pour le libérer…

Comment accueillir cet amour ?

Mais lui, il a été transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes. Le châtiment qui nous rend la paix est sur lui, et dans ses blessures nous trouvons la guérison. (Isaïe 53, 5)

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