Thérèse d’Avila explique ainsi son désir radical de réformer le carmel, et en réformant son ordre au 16e siècle, sans le savoir, elle réformait l’église. Or ce n’est pas d’un désir centré sur elle-même qu’est née cette réforme qui porte encore son fruit aujourd’hui... C’est sur cette évidence qu’un feu dévore le monde et l’Eglise de son époque (C’est l’époque de la réforme qui pour le monde catholique de l’époque paraît comme un tremblement de terre). Cela nous montre que pour elle, le fondement de la vie contemplative et de l’ascèse est un désir missionnaire. Désir de mener le combat de Dieu pour ce monde en feu...Le Christ est à la recherche de vrais amis qui seront le ferment d’une résistance forte parce que vraiment enracinée en Lui. C’est-à-dire qui acceptent pour eux-mêmes les soucis de Dieu (différents de mes questions, problèmes...) Vivre pour lui c’est laisser mes soucis pour ses soucis. Attention, la vision du monde de Thérèse n’est pas une vision statique hors du temps, une contemplation de la négation pour trouver l’un, c’est une nécessité incarnée dans l’histoire... devant tant de malheurs. Qu’est ce qui nous pousse à l’intériorité, à la vie spirituelle ? Un désir d’harmonie personnelle (psy), de paix, de tranquillité... ou le zèle pour ce monde ? En fait, ici Thérèse nous invite à passer à un amour universel.C’est très important, il faut reconnaître en nous l’amour naturel, amitié, désir de développement personnel, désir de notre aise, mais tout cela doit passer par l’ascèse pour aboutir en amour universel. Devenir le frère et la sœur universelle... Elle reproche à ceux qui se vantent d’être ses amis de « traiter avec Dieu de chose de peu d’importance » ;c’est-à-dire que nous avons tendance à recréer entre Dieu et nous une petite vie, de petites neuvaines, de petits sujets d’intercessions qui sont bons en eux-mêmes s’il nous ouvrent à une vie spirituelle plus simple et aussi plus centrée sur la croix et le sacrifice. Lui veut nous amener à avoir pour unique souci de porter le souci de Dieu.
Chapitre 1 : « ayant appris vers cette époque de quelles terribles épreuves souffrait la France , les ravages qu’y avaient fait les luthériens et les effroyables développements que prenait leur malheureuse secte, j’éprouvais une peine profonde. Comme si j’eusse pu, ou que j’eusse été quelque chose, je pleurais avec le Seigneur et le suppliais de porter remède à une telle calamité. Il me semblait que j’aurais sacrifié volontiers milles vies pour sauver une seule de ces âmes qui s’y perdent en grand nombre. Mais étant femme et bien imparfaite encore, je me voyais impuissante à réaliser ce que j’aurais voulu pour la gloire de Dieu. Tout mon désir était et est encore, que puisqu’il a tant d’ennemis et si peu d’amis, ceux-ci du moins lui fussent dévoués. Je me déterminais donc à faire le plus qui dépendait de moi, c’est-à-dire de suivre les conseil évangéliques dans toute la perfection possible et à porter au même genre de vie les quelques religieuses de ce monastère. »
Cher père Alexis.
L’Église a du mal à suivre l’exemple de ses saints, du sommet de la hiérarchie jusqu’à la base. Si Elle s’était laissée transformer par l’action d’un saint François par exemple, il n’y aurait pas eu de protestantisme qui n’a pû advenir que parce qu’Elle n’a pas su écouter les protestations de sa base au sujet de ses compromissions avec le pouvoir. Saint François Lui a donné sa chance en restant dans l’Église mais l’Église ne l’a pas saisie : saint François voulait que ses communautés soient dirrigées par de simples frères pour qu’elles gardent une authenticité de simplicité et un ordre « pas comme les autres » et indépendant... Elle a « normalisé » la communauté créée par saint François et l’a fait rentrer dans l’ordre ! Malheureusement, les saints étaient trop saints : ils n’ôsaient pas dire au peuple et aux puissants du monde et encore moins aux responsables de l’Église quand ils se trompent, comme le faisaient les prophètes de l’ancien testament ! À mon avis l’Église a trop loué les vertus de l’obéissance... bon d’accord, la démocratie n’existait pas à l’époque ( ou alors juste le mot, dans la phylo grecque, c’était de l’époque Aristote et tout ça...) mais dans la pratique non ! mais la dignité de l’homme et tout ça, c’était bien dans le message Évangélique quand même, non ? alors ? alors, quand on prône l’obéissance il ne faut pas se tromper et malheureusement, il a fallu le schisme de la réforme pour que la hiérarchie de l’Église... j’allais dire prenne contience de ses erreurs, mais même ça, je n’en suis pas sûr puisqu’elle a continué ses compromissions jusqu’à la révolution où le peuple dégoùté a rejeté l’Église en même temps que la royauté et là enfin, le concile Vatican 2 parle de doctrine sociale... Bien après les marxistes grâce à la séparation de l’Église et de l’État... Je comprend que l’Église est lourde et lente mais de là à toujours être bonne dernière quand-même !
Il n’est pas trop tard, faisons comme disait sainte Thérèse d’Avila, vivons plus d’Évangile, de Charité ; d’Amour et de compassion ajouterais-je ! et pas que dans les couvents ! Trouvons en la force dans les sacrements, et dans notre prière personnelle... chacun à sa manière, moi, en ce moment, c’est le chapelet.
Et si on positivait un peu aussi !
bon je suis d’accord, on est pécheurs ! mais on nous le répète sans arrêt et beaucoup de gens pensent que parce qu’ils sont pécheurs ils ne peuvent pas faire du bien autour d’eux mais on ne nous dit pas assez que même si on n’est pas des saints,même si on n’est pas parfait, on est cappable de faire du bien autour de nous en souriant, en donnant un peu de notre temps... et que Dieu est content quand on donne un peu d’Amour et que ne pas enterrer nos talents, c’est essayer de vivre l’Évangile et la Charité, comme sainte Thérèse d’Avilla... Oh bien sûr à notre toute petite mesure ! mais tout de même on en est tous capables de faire un petit peu de bien autour de nous ! c’est ça pour moi la convertion, (je l’appelle aussi la sainteté ordinaire) C’est ma manière à moi de faire évoluer l’Église,
Quelle est la vôtre ?
Hugues.