Le premier principe de la vie dans l’Esprit est simple et incontournable. Il est nécessaire d’en être conscient afin de s’y préparer :
« La plus petite décision de faire un pas en avant dans l’accueil de l’Esprit Saint entraîne systématiquement un combat, c’est-à-dire une lutte contre nos pensées et notre besoin de TOUT comprendre ».
Pour ma part, je n’ai jamais rencontré de contre-exemple à ce principe. Dans le discours d’adieux de Jésus, notre Seigneur promet deux choses à ses disciples : l’Esprit Saint (Jn 14, 26 ; 15, 26) et la souffrance (Jn 16, 33). Cette souffrance est donc celle de ceux qui reçoivent l’Esprit. L’Esprit Saint fait de nous un être nouveau (2Co 5, 17), et pour faire cela, ce n’est pas sans les douleurs de l’enfantement (Jn 16, 21-22), sans abandonner mes convictions et mes éternelles interrogations humaines sans réponses.
Il est donc important d’écarter la fausse idée qui voudrait qu’on prie l’Esprit Saint pour nous rendre la vie facile tous les jours et que tout aille ‘tranquillement’. Ce serait tout simplement de l’insouciance, mais pas un fruit de l’Esprit. Nous prions l’Esprit Saint pour l’Avènement du Royaume de Dieu et en faisant cela, Jésus nous laisse sa Paix. La paix que Jésus nous donne n’est pas celle du monde (Jn 14, 27), c’est une paix intérieure qui demeure inébranlable alors même que tout s’écroule autour de moi, une paix qui donne un sens à ma vie car elle émane de la Vérité de ma foi. Voici une brève illustration de ce combat !
Ces derniers jours, alors que nous prions pour que le Seigneur fasse toute chose nouvelle (Ap 21, 5), l’Esprit Saint nous a particulièrement saisi pendant le chant en langue. Quelqu’un parmi nous, qui pourtant prie régulièrement de cette façon, me disait : « C’est comme si c’était la première fois, ce chant venait d’ailleurs ! ». Et X a raison, ce chant vient « d’ailleurs » et il est un excellent moyen pour entrer dans cette vie dans l’Esprit. N’oublions pas que saint Paul encourage tout le monde à recevoir ce don (1Co 14, 5). Mais là encore, celui qui décidera de faire ce pas, devra nécessairement entrer dans un combat. Des questions vont l’assaillir : « D’où ça vient ? Est-ce que c’est moi ? Ça veut dire quoi ? C’est trop bête, ça ne veut rien dire... ». Ici, chacun doit choisir et exercer sa liberté ! Chacun peut décider que ce chant là n’est pas pour lui ou faire l’expérience que ce chant « vient d’ailleurs ». Vivre dans l’Esprit, c’est choisir d’entrer dans ce combat et en être vainqueur par le Christ ! (cf. Jn 16, 33) Je n’ai plus qu’une chose à te dire sur ce point. Je reprends les paroles de saint Paul à Timothée : « Combats le bon combat de la foi, conquiers la vie éternelle à laquelle tu as été appelé. » (1Tm 6, 12)
Par Frère Clément de Rome
