L’hôpital de Kabinda est la première mission que nous avons prise en charge en Afrique voilà 25 ans. Nous y avons vécu une aventure humaine et spirituelle sans pareil. Tous ceux qui y sont allés : médecins, soignants ou coopérants ne sont pas revenus comme ils étaient partis ! Cette expérience de vie au profond de la brousse africaine, loin de toutes villes, (Mbuji Mayi capitale du Kasaï oriental est à 150 km, ce qui veut dire entre 6 et 12 heures de piste selon la saison sèche ou des pluies !) est particulièrement décapante. L’Alliance a été créée en 1981 pour permettre à l’hôpital de vivre et de faire vivre. Le résultat aujourd’hui dépasse les espérances des débuts. L’enthousiasme reste le même.
Pour tous ceux qui voudraient nous rejoindre ou s’engager au service du développement durable
Après plusieurs années d’absence, je reviens à Kabinda pour une trop courte visite. Et je replonge dans ce lieu de miséricorde miséricorde La miséricorde vient du terme biblique qui veut dire « entrailles ». C’est l’amour indissoluble et inconditionel de Dieu pour nous. et de grande compassion. Et je me laisse saisir par une intense émotion de voir le travail immense qui s’accomplit ici. Les guerres et l’isolement ne sont pas venus à bout de l’œuvre débutée il y a plus de vingt-cinq ans. Certains visages changent, les jeunes ont grandi, se sont mariés, les plus anciens se reposent, et entretiennent comme une légende autour de l’hôpital et de ce qu’ils ont vu, de ce qu’ils ont vécu de l’Amour de Dieu, manifesté concrètement au milieu d’un peuple qui peine et qui espère.
L’une des premières choses qui ne touchent, c’est de voir les frères et soeurs dépasser les difficultés de vie quotidienne pour servir. Et je suis confondu par ce qu’il faut bien appeler la précarité des conditions de vie : la pompe est en panne, et la séance de lessive, à la main, se complète avec les trajets pour apporter l’eau, les panneaux solaires ne donnent pas suffisamment de courant parce que le ciel est gris, il faut pousser la voiture pour la faire démarrer... Des petites choses vraiment, mais qui occupent l’esprit, qui sont des soucis, mais qui n’empêchent pas les uns et les autres de manifester leur désir de servir et leur joie joie La joie est une émotion très importante. Elle est faite d’une composante physique (exitation, rire, sourire, détente intérieures,...) psychologique (ouverture, pensées positives, désir...) mais aussi, et c’est là qu’elle se distingue du plaisir ou de la motivation, spirituel. Elle a donc une composante psycho-physique mais s’enracine aussi dans le monde des valeurs, ces choses importantes par dessus tout et qui nous font participer à ce qui est plus grand que nous. de se donner.
La maison communautaire est paisible. Aux heures des offices de prière, les koras rythment les psaumes, et le chant des frères et soeurs adresse à Dieu louanges et supplications, pendant que les malades se recueillent sur les bancs de la magnifique église de l’hôpital qui témoigne de la beauté de Dieu. La disposition des lieux est telle que l’église est comme l’interface entre la communauté et l’hôpital. C’est à travers Dieu que se fait la rencontre. Et c’est donc lui qui veut et fait toute chose ici. Et véritablement cela constitue le grand secret de ce lieu. Les peines et les difficultés ne manquent pas, mais elles ont un sens. Les joies et les rires ne manquent pas, et ils sont partagés.
Le site Saint Damien est complètement méconnaissable : une très grande paillote se où trône la Vierge Marie reçoit les enfants qui sont nourris. Un grand dépôt permet de constituer les stocks et facilite le travail, les locaux d’habitations restent occupés par des mamans âgées, ou malades, ou simplement qui n’ont plus de place où être accueillies. Avec Sœur Alphonsine, elles ont entrepris de cultiver un grand champ de manioc. Avec elle je suis allé au village chercher les boutures à planter. Et pour planter un hectare, il faut beaucoup de boutures ! Maman Célé qui a été malade dans son psychisme pendant de longues années, à cause d’un surcroît de souffrance, sourit et son regard est tout rempli de joie joie La joie est une émotion très importante. Elle est faite d’une composante physique (exitation, rire, sourire, détente intérieures,...) psychologique (ouverture, pensées positives, désir...) mais aussi, et c’est là qu’elle se distingue du plaisir ou de la motivation, spirituel. Elle a donc une composante psycho-physique mais s’enracine aussi dans le monde des valeurs, ces choses importantes par dessus tout et qui nous font participer à ce qui est plus grand que nous. .
La maison Saint Gabriel continue d’héberger les enfants. Comme ils ont grandi tous ! Ils sont vingt-cinq, entre 1an et 18 ans. La plupart sont à l’école pendant la journée, et le soir ils se réunissent autour de la maman qui tient la maison. Le Père David passe tous les jours un grand temps avec chacun, encourageant, exhortant, corrigeant, et finalement donnant à ces enfants la sécurité de la présence du père dont ils ont tellement besoin.
De l’hôpital, que dire ? Sinon qu’on s’y sent comme dans ce refuge. Un refuge est un lieu où l’on trouve une certaine sécurité, alors que l’extérieur est comme menaçant. En venant par la grand-route, en vue de l’hôpital, on traverse une étendue sablonneuse, nue et exposée au soleil et aux vents. Puis on passe la porte, on se retrouve dans une oasis de verdure, de paix et de vie. C’est vrai que les chèvres et les poules sont un peu trop nombreuses. La clôture n’est toujours pas terminée. Mais partout on découvre des petits coins de vie. Au détour d’un bâtiment, d’un buisson, d’une corde sur laquelle sèche le linge du bloc opératoire, on rencontre une maman qui lave son enfant, une autre qui prépare un petit repas, un groupe assis qui discute ou qui contemple paisiblement la vie qui coule « comme un fleuve tranquille ». C’est vrai que la maladie est là, que la souffrance est bien présente, que la misère se voit, mais inexplicablement, la puissance de la charité transfigure, sans cacher et sans blesser. Le regard de cet homme tellement maigre et affaibli qu’on ne peut pas comprendre qu’il puisse marcher. La détresse de cette maman qui porte son enfant quasi agonisant. Cette petite fille qui pleure silencieusement pendant qu’on lui change les pansements. Ce papa qui surveille son enfant qu’on est en train de perfuser. Il faut apprendre à voir ces images enfouies dans l’agitation et le bruit ambiant, pour saisir la profondeur la douleur. Et pour être saisi par l’immense désir de Dieu de manifester à chacun son amour.
(avril 2006, article publié dans la revue Troas, n°38 - spécial Kabinda.)
noues resterons toujours attachés et solidaire de cette communauté ; votre disponibilité , à l’Eglise et surtout à l’egard des plus pauvres...
que le Seigneur de GLOIRE vous fortifie dans tout ce que vous vivez
gardez courage car il a vaincu le monde , votre Maître , lui que vous annoncez ; lui que vous appertez à ceux qui le connaissent pas !
tout mon amour fraternel avec mes freres et soeurs des béatitudes et mes soeurs clarisses de kabinda.
frederic farret ( beziers en france )