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L’eucharistie : un nouveau mode d’être.
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Jésus prit du pain.
Le Seigneur prit du pain, et dit : « Ceci est mon corps ». De cette parole insondable, il nous faut comprendre que c’est l’être même de Dieu qui se donne à nous, qui vient bouleverser les idées préconçues de Dieu que nous avions forgées dans nos esprits et qui ne sont que des idoles.
L’eucharistie : un nouveau mode d’être.

Jeudi Saint.

L’agneau de Dieu, Dieu voit la marque de son sang sur les portes et passe par-dessus les maisons des enfants d’Israël. L’agneau, signe du sang versé, de l’alliance entre Dieu et les hommes. L’innocent dont le sang a coulé pour dire ce qui ne peut être dit. Un signe muet et qui donne sa vie, parle mieux que tous les verbiages... L’agneau de Dieu, celui qui était sacrifié au temple, consommé dans la nuit en vitesse, souvenir du temps lointain de l’exil, de l’armée de pharaon aux trousses d’un peuple d’esclaves la nuit de leur libération. Il faut avoir été immergé dans une foule qui réclame la liberté pour comprendre cela, cette nuit de la liberté... L’agneau est donc le symbole de cela, le cri des sans-voix et en même temps engagement du Dieu très-haut pour faire ce qu’il a promis. Jésus se désigne lui-même, et est désigné comme ce serviteur souffrant, cet agneau de l’alliance nouvelle, celui qui vient pour dire « ceci est mon corps » et « ceci est mon sang ». Celui qui se tait devant les juges tellement est éloquent son être. Il prend un linge et lave les pieds de ses disciples. Ces gestes d’une profondeur insondable révèlent le cÅ“ur de Dieu, révèlent que l’être de Dieu n’est pas loin de nous. On peut même dire que l’être de Dieu est eucharistique, don de lui-même... ce que le Seigneur fait quand il vit sa passion et sa résurrection, c’est une catéchèse pour nous enseigner la vérité sur lui-même. Nous ne connaissons de Lui que ce qu’il nous révèle, ce qu’il nous montre, et nulle part ailleurs, dans aucun moment de l’histoire, la Sainte Trinité ne révèle mieux que dans ce mystère qui elle est. Comprenons bien, la théologie n’est pas d’abord une question de savants, d’intellectuels qui du fond de leur bureau pourraient connaître qui est Dieu. Non, celui qui connaît Dieu, c’est celui qui eucharistie sa vie, qui fait de sa vie, de son cÅ“ur, de ses mains, de sa bouche une eucharistie. A la fois un don, et une ouverture. Dieu tel qu’il se révèle, voilà ce que nous connaissons de Dieu ? Eh bien regardons Jésus qui en ce soir devient l’esclave, lave les pieds des pauvres que nous sommes, et finalement donne sa chair en nourriture. Vraiment, l’Eglise, son corps sur la terre vit de l’eucharistie, parce que l’eucharistie initie en nous un mouvement que nous sommes appelés à continuer. Recevoir ce don de Dieu pour donner aussi notre vie à sa ressemblance. C’est la nature de l’amour divin que de vouloir se répandre : voyez les paraboles du Royaume, levain dans la pâte, graine dans la terre, lumière pour les nations... Et c’est cela l’eucharistie, c’est cela l’Eglise, ce n’est pas le montant de la caisse du monastère ou du waqf , ce n’est pas non plus la richesse de l’Eglise, Non ... ce qui fait la grandeur de l’Eglise, c’est sa capacité à se donner, à se sacrifier, à offrir au Seigneur, c’est sa capacité à ressembler à Jésus. Dans cette nuit, il laisse tout pour obéir et se donner à son Père. L’être de l’Eglise, de la communauté, c’est de ressembler à Jésus. Voilà pourquoi nous sommes là, voilà pourquoi nous devons en cette nuit contempler le visage de Jésus, voilà ce que nous allons faire toute cette nuit. Contempler son visage, nous remplir des gestes de Jésus, dans les détails, pour que se réveille en nous l’Image et que nous devenions capables, par l’exemple du Fils, dans la force de l’Esprit, de nous donner nous aussi à la volonté du Père... C’est notre bonheur, c’est notre vocation, c’est la vie qui est plus forte que la mort.