Assurément, Jésus n’est pas un petit enfant au sens bébête du terme et il ne nous invite pas à « gatouiller » ! Bien au contraire, il est clair qu’il nous invite à un chemin de vie ( « Je suis le chemin, la vérité et la vie ! ») mais sur lequel se profilent des événements aussi importants et graves que la tentation et la croix...
"Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix chaque jour et qu’il me suive.
Cette voie d’enfance est donc une chose très sérieuse et non pas une sorte de spiritualité édulcorée, sucrée, sensée nous plaire pour que nous adhérions à un club...
Cette voie d’enfance nous invite à suivre le Christ, c’est-à-dire à reproduire dans notre vie ce que Lui a vécu. C’est une invitation à devenir vraiment Fils du Père du ciel. Devenir son fils ou sa fille, c’est accepter de tendre la joue à celui qui veut nous giffler, de rendre le bien pour le mal car le Père, Lui, ne fait-il pas pleuvoir sur les méchants comme sur les bons ?
Cette voie d’enfance demande de notre part de ne plus agir pour les autres pour nous attirer leur approbation, leur amitié, leurs services, mais uniquement parce que nous savons que cela est le bonheur de notre Dieu et la réalisation pleine et mystérieuse de notre humanité dans l’accomplissement de Sa volonté.
Cette enfance est notre avenir, en Dieu.
Peut etre faut-il tout simplement avoir l’esprit de Jésus crucifié. Quand il faut supporter ce qui va au delà de l’horrible parce que ceux qui ont le pouvoir de décider l’ont voulu ainsi, le seul moyen de « tenir » c’est d’unir ses souffrances à celles de Jésus. Innocent entre tous et pourtant condamné. Messager d’amour et pourtant crucifié. Et silencieux parce que ça ne sert à rien d’en parler, d’essayer d’expliquer. De toute façon la décision a été prise, ils vont le torturer jusqu’à la mort. Peu importe qu’il soit coupable ou innocent. Peu importe le motif de sa condamnation et de savoir si cela tient la route ou pas. Cet homme dit et fait des choses qui mettent en lumière ce qui doit etre dissimulé à tout prix. Il DOIT mourir.
La confiance en Dieu dans cette situation n’est pas une confiance en une délivrance immédiate de la croix. C’est d’abord la confiance en Celui qui donne la force de supporter jusqu’au bout. Jusqu’à ce que TOUT SOIT ACCOMPLI et cela sans faiblir, sans fléchir. Malgré la torture. Malgré les souffrances. Et aussi atroces soient-elles.
C’est aussi la confiance en Celui qui EST la vérité et qui ne peut pas laisser prévaloir le mensonge. C’est de savoir qu’une fois que tout est accompli la terre va s’ébranler, le voile du sanctuaire sera déchiré, la vérité paraitra.
C’est finalement la confiance en la résurrection. Non seulement le juste ne verra pas la corruption, mais les coups mortels qu’on lui donnera pour l’achever, les blessures honteuses qu’on lui infligera se transformeront en une source jaillissante de Vie pour tous ceux qui ont soif de justice et de vérité.
Finalement, les pharisiens qui font cela sont-ils bons pour l’enfer ? On ne le sait pas. En tout cas c’est leur baroud d’honneur. Ce sont leurs dernières tentatives piteuses de sauvegarder un semblant de respectabilité, de légitimité. Or, et Jésus l’a très bien dit sur la croix, ils ne savent pas ce qu’ils font. En crucifiant le juste c’est leur propre tombeau qu’ils creusent. En dressant cette croix c’est leur propre honte qu’ils manifestent haut et fort. Ils ont eux memes manifesté au monde entier la vérité qu’ils tiennent à tout prix à dissimuler sous des dehors respectables, meme si cela doit passer par la torture des innocents. Or c’est justement ce geste qui les a perdus. C’est cela la confiance en Dieu. Dieu LUMIERE. Dieu VERITE. Dieu JUSTICE.