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Chemin de retour
Sa décision prise, il se met à marcher. Il a soif. Les doutes l’assaillent. Il se fait une petite idée de l’accueil qu’il aura. Cette idée le fait frémir de peur. Il continue quand-même. Les jours et les nuits se succèdent. Il a de plus en plus soif et faim


Personnages :

-  Vieille femme
-  Fermier
-  Jeune homme
-  Papa

Sa décision prise, il se met à marcher. Il a soif. Les doutes l’assaillent. Il se fait une petite idée de l’accueil qu’il aura. Cette idée le fait frémir de peur. Il continue quand-même. Les jours et les nuits se succèdent. Il a de plus en plus soif et faim. Il ne trouve même plus des miettes par terre à ramasser. Il perd toute notion du temps. Il ne sait pas combien il a marché, ni où il est, ni combien de temps il lui reste pour arriver. Arriver ? Il a de nouveau peur en y pensant. Il pense à s’arrêter mille fois par jour. Mais il continue quand-même. Parfois des idées encore plus noires le hantent. Il pense qu’il va mourir avant d’y arriver.

Il voit une ferme. Il s’arrête et frappe à la porte. Une vieille femme lui ouvre.

Vieille : Oui ?

Jeune homme : (timidement) J’ai soif !

Vieille : (regardant ses vêtements délabrés, hésite un peu puis) Entre ! (elle va chercher de l’eau) Je te connais…

Jeune homme : Ou... oui ! Je suis passé par là en partant…

Vieille : Tu… tu étais plus… soigné… tu es parti … ?

Jeune homme : (la coupant) nulle part ! (silence pesant).

Vieille : Je vois ! C’est long ton chemin de retour ?

Jeune homme : (tristement) Oui…

Vieille : J’ai besoin d’ouvriers, je peux te donner de quoi manger, de nouveaux vêtements, une chambre…

Jeune homme : (se levant subitement) Non ! Je veux retourner…

Vieille : Comme tu veux… Mais…

Jeune homme : (la coupant) Merci pour l’eau !

Il quitte précipitamment ; Il fait noir. Des voix lointaines se font entendre. Des loups ? Des hyènes ? Il n’en sait rien. Il continue. Il a peur. Terriblement peur. Il se sent seul. Il a très très faim et toujours très soif. La peur que cette femme ne lui fasse renoncer à son projet l’a fait presque fuir de chez elle. Mais il a toujours soif, et il a peur en plus… Il se pose mille questions. Mais c’est surtout la peur qui l’entoure, le submerge, le hante. Les voix se font entendre de nouveaux, plus proches. Les matins, la chaleur l’écrase. Les nuits, c’est le noir total et un vent froid et amer…Ses pieds lui font mal, mais il n’ose pas s’arrêter. Il entend des pas, tente de se cacher, les pas deviennent plus proches, puis un cliquetis de fer, il retient un cri.

Fermier : (brandissant une arme) Qui est là ?

Jeune homme : Pitié, s’il vous plait !

Fermier : Qui êtes-vous ???

Jeune homme : Je suis… je ne sais plus… s’il vous plait, je ne vous veux aucun mal.

Fermier : Je reconnais ta voix. Tu ne serais pas le jeune homme qui…

Jeune homme : (le coupant) S’il vous plait, laissez-moi passer.

Fermier : (éclatant d’un rire méchant) Passe, passe, continue ton chemin. Je me rappelle maintenant de ton histoire…On va bien rigoler. Tout le monde va bien rigoler. (Il continue à rire).

Le jeune homme, les nerfs à bout, continue, las, épuisé, se posant toujours ses milles et une question. Et si le fermier avait raison. Et s’il aurait dû rester chez la vieille femme. Le jour pointe. Les voix se font plus lointaines. Ses pieds usés par ce long chemin lui font encore plus mal. Il ne peut même plus pleurer. Toute vie l’a quitté….

Soudain, il voit quelque chose de familier. Un toit qu’il reconnait. Il commence à courir, ne ressentant plus ses douleurs.

Et c’est alors que « tandis qu’il est encore loin, son père l’aperçoit et est pris de pitié ; il court se jeter à son cou et l’embrasse tendrement. Le fils alors lui dit.

Jeune homme : Père, j’ai péché contre le Ciel et envers toi, je ne mérite plus d’être appelé ton fils.

Mais le père dit à ses serviteurs.

Papa : Vite, apportez la plus belle robe et l’en revêtez, mettez-lui un anneau au doigt et des chaussures aux pieds. Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé ! » (Luc 15, 20-24)

MARANATHA

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Chemin de retour29 juillet 2009, par bassemberg r‚pondre au message de bassemberg
Excellent article, ça me fait voir ce passage de l’évangile sous un autre angle. Merci...